PSG-Brest : Les anciens joueurs du Stade Brestois rêvent d'une qualification en Europe

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Auteur d'une phase aller impressionnante, le Stade Brestois occupe la troisième place de la Ligue 1 avant de se rendre au Parc des Princes pour défier le PSG dimanche soir. A seize journées de la fin de la saison 2023-24, l'équipe d'Éric Roy peut-elle aller décrocher l'Europe ? Interrogés par Eurosport, trois anciens joueurs de Brest estiment que ce dénouement serait "mérité".

Les joueurs de Brest célèbrent leur troisième place en L1 après leur victoire contre Montpellier.

Crédit: Getty Images

C'est l'une des belles histoires de cette saison 2023-24. Quinzième budget de Ligue 1 (quelque 50 millions d'euros, d'après les estimations du site Sportune) et souvent annoncé dans le dernier wagon au jeu des pronostics début août, le Stade Brestois est aujourd'hui troisième du championnat de France, à seize journées de la fin, et donc virtuellement qualifié pour la prochaine édition de la Ligue des champions.
Il y a tout juste un an, personne n'aurait osé parier un centime sur ce scénario. A l'époque, après 18 journées en Ligue 1, Brest, alors dix-septième et en position de relégable, totalisait 14 points. Une saison plus tard, le club finistérien en compte 20 de plus. Cette métamorphose a une première cause : l'intronisation d'Éric Roy en janvier 2022. Malgré une période de onze ans sans banc de touche, l'ancien technicien de Nice a fait des miracles. En 39 matches de L1 (2023 et 2024 confondues) avec le Stade Brestois, il a obtenu 65 points (18 victoires, 11 nuls, 10 défaites). Un vrai rythme d'Européen.
Outre son bilan comptable extraordinaire, Éric Roy a convaincu par le jeu flamboyant de son équipe, qui a pourtant perdu des éléments importants l'été dernier (Honorat, Belkebla ou Duverne). Ancien joueur du Stade Brestois entre 1988 et 1991, Ronan Salaün (84 matches pour 17 buts) est totalement emballé. "Le classement de Brest est exceptionnel mais mérité, nous confie l'actuel formateur de Quimper (R1). Ils ne font pas que mouiller le maillot sur le terrain. On sent de la maîtrise dans leur jeu, avec Pierre Lees-Melou qui est le métronome au milieu. En plus, ils marquent plein de buts et gagnent souvent avec des scores larges."
Sur les dix victoires empochées depuis le mois d'août en L1, l'actuelle troisième meilleure attaque du championnat de France (27 buts inscrits) l'a emporté à seulement deux reprises sur le score de 1-0 (contre Lyon et Metz). De quoi également enthousiasmer Steeve Elana, 246 matches au compteur avec Brest entre 2005 et 2012 mais également grand artisan de la remontée de son "club de cœur" en Ligue 1 en 2010.
"Cette saison est dans la lignée de la fin de l'exercice 2022-23 (Brest a fini 14e). Le collectif est bien huilé et bien structuré avec des joueurs complémentaires. On sent qu'il y a de bonnes énergies dans cette équipe qui ne renie pas ses valeurs et où tout le monde tire dans le même sens. On sent également beaucoup d'investissement et de travail", remarque l'ancien gardien de but, qui avait guidé Brest au sommet de l'élite à l'occasion des 11e et 13e journées de la saison 2010-11.
Homme clé de la remontée des Finistériens en Ligue 1 en 2019, Anthony Weber, resté proche de Brendan Chardonnet et Hugo Magnetti, estime que cette sublime phase aller est également à mettre au crédit du directeur sportif Grégory Lorenzi. "Avec peu de moyens, il est capable de réaliser des choses prodigieuses, estime l'ancien défenseur, reconverti coach des U19 au Stade de Reims. Il est très malin et patient dans son recrutement. Il relance des bons joueurs qui ont été en difficulté à un moment donné. Je pense notamment à Jonas Martin, Pierre Lees-Melou ou Romain Del Castillo. Le profil de ces joueurs, qui ont des valeurs familiales et combatives, colle à la mentalité du club. En cas de qualification en Coupe d'Europe, je pense qu'il aura sûrement un coup d'avance."
La mayonnaise a également pris du côté des suiveurs du Stade Brestois. Ronan Salaün est catégorique : l'engouement en ville pour les hommes d'Éric Roy est similaire à celui qu'il a connu à la fin des années 80, une autre époque où les Bretons avaient fini 8e de première division en 1986-87. Une position jusqu'ici jamais dépassée par les Blanc et Rouge. "On sent vraiment que la ville et le Finistère sont en train de vibrer. Ils donnent tellement de plaisir aux observateurs. Il y a une vraie osmose entre l'équipe et le public de Le Blé, qui a enchaîné les matches à guichets fermés".
Pour que cette saison soit vraiment historique, il faudrait que Brest finisse européen. Pour l'heure, le club possède cinq points d'avance sur le sixième Reims. Il lui faudra donc poursuivre sur ce même rythme effréné lors des quatre prochains mois de compétition. Ronan Salaün encore : "Après Paris (dimanche), Nice (4 février) et Marseille (18 février), Brest sera un peu plus fixé. Je ne sais pas si c'est l'objectif du club, mais si ça arrive, personne ne s'en plaindra. Donc il faut rêver. En tout cas, leur parcours est un beau message."
"L'Europe ? Je leur souhaite. Ce serait mérité au regard de leur saison, corrobore Steeve Elana. Après, la fin de mercato sera un facteur déterminant pour la suite de la saison." Si Pierre Lees-Melou a été courtisé par le Stade Rennais, l'avenir à court terme de Lilian Brassier, pilier de la défense brestoise, n'est pas encore totalement certain de s'écrire du côté du Finistère. Outre Monaco, l'AC Milan est également sur les rangs. Même son de cloche pour l'arrière gauche Bradley Locko, dans le viseur de West Ham. Après le déplacement à Paris dimanche, c'est tout le peuple brestois qui retiendra son souffle jusqu'à la clôture du marché hivernal.
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